steenvoorde au temps des seigneurs

   Extrait du bulletin des Annales du Comité flamand de France - tome XXXIX - 1932

Steenvoorde (paroisse de)

  Sa superficie actuelle est de deux mille neuf cent quatre-vingt deux hectares, ce qui correspond à celle de 1789 ; mais il faut noter qu'en 1779 six cent quatre-vingts hectares avaient été détachés de Watou et rattachés à Stenvoorde.

Le clocher appartenait au Souverain.

 Quatre sections se partageaient le territoire : le Bourg, Eeeckebekehouck, Haringhouck et Rievelthouck ; à celles-ci il faut ajouter la section de Watou-France. La paroisse se trouvait alors sous deux juridictions, celle de la vierschaere et celle de seigneuries particulières.

 A la vierschaere se rattachaient l'ammanie de la vierschaere et la seigneurie de calmage et afforage, qui appartenaient toutes deux au seigneur de Steenvoorde.

 Les seigneuries étaient, par ordre alphabétique et non d'importance, celles de Madame l'Abbesse de Bourbourg, Eeckebeke, ten Essche, Hantdienst, Hill (en partie), Oudenhove (en partie), Overbeque, Steenvoorde et Walkof.

 Il faut ajouter à cette liste les trois seigneuries en Watou-France ; Beauvoorde,Corteville et Douve, et remarquer, en outre que, par Steenvoorde nous entendons la seigneurie même de ce nom avec les trois autres seigneuries limitrophes appartenant au même maître que la première, Hoflande, Ochtezeele et Pamele.

On rencontre parfois une mention de Sinneghem et de Beaulieu. De la première seigneurie, nous n'avons rien à dire ; peut-être était-ce un écart de Sinneghem sous Bourbourg.

   Pour ce qui concerne la seconde, tout ce que nous savons est que son bailli empruntait des échevins à la vierschaere et que, vers la fin du XVIIe ècle, elle appartenait à un sieur Blengis demeurant en Artois. Il y avait aussi des fiefs et simples hommages qui ne présentent aucun intérêt.

 Au point de vue fiscal, il y avait le transport de Steenvoorde avec ceux de Messines et de Westover, et le transport de la vierschaere avec ses écarts en Eecke et Hillewaels-Cappel.

 Steenvoorde (seigneurie de) 

Fief vicomtier situé en Steenvoorde, tenu de la Cour de Cassel aux conditions ordinaires. Le foncier comprenait dans son ensemble environ quatre-vingts mesures de terre situées au bourg et sous les différents cantons et la paroisse de Terdeghem.

Il y avait d'abord une partie de quatre mesures comprenant la motte, le château, les fossés, jardins, avec une drève ou allée conduisant à la place du marché.

 Une seconde partie, nommée Hofelst, consistant en aunaie et terre à labour, tenant de l'ouest, à la rue menant du chemin de Poperinghe à Godewaersvelde, était de vingt-six mesures.

 Il faut signaler encore trois quartiers d'aunie, 't poortelst et dix mesures trois quartiers de terre à labour, Loenaert. Le reste ne portait pas de nom.

 Il y avait aussi de nombreuses terres cottières sur lesquelles étaient assignées des rentes en nature et en argent. Cent cinquante-huit arrière-fiefs mouvaient de la seigneurie de Steenvoorde ; la plus grande partie de ces arrières-fiefs étaient au relief de la meilleure dépouille, et, parmi ceux au plein relief, sept étaient vicomtiers.

   Ce qui faisait la grande valeur de cette seigneurie était 1° que presque tout le bourg se trouvait sous sa juridition et que 2° presque tout le revenu du marché hebdomadaire lui revenait.

   Le seigneur nommait bailli, greffier, ammen, sept échevins et deux sergents. Il faut toutefois remarquer que la loi était commune à la seigneurie de Steenvoorde et aux trois autres seigneuries appartenant au même maître, Hoflande, Ochtezeele et Pamele, et aussi à la seigneurie de calmage et afforage.

 Les premiers maîtres de Steenvoorde en portèrent le nom : Frumold de Steenvoorde, signalé en 1105 ; Guido et Eustache de Steenvoorde ; Eustache de Stenvoorde, qui se distingua en 1141 sous la bannière de Thierry d'Alsace.

 Nous avons ensuite les chapelains de Bergues, Guilbert de Bergues et d'autres, Jean de Bergues, décédé sans postérité, laissa Steenvoorde à sa soeur Anne, épouse de Jean de Licques.

En 1404, Mathieu de Licques fonda le couvent de N.D. des sept-fontaines. 

En 1434, Stenvoorde passa, par voie d'alliance, aux de Wazières, et, en 1456, par voie d'acquisition, aux de Briarde. Jean de Briarde vendi en 1470 la seigneurie de Steenvorde avec la franchise du marché à Antoine Hanneron, prévôt de Saint-Donat à Bruges. Celui-ci en fit don à sa nièce Gillette Hanneron, épouse de Simon de la Bricque. Georges de la Bricque, issu de leur union, leur succéda.

 A sa mort, celui-ci laissa un fils mineur, Jean, qu'il avait eu de Jeanne Picavet. Jean de la Bricque eut quatre enfants, un fils Guillaume, et trois filles, Jeanne, Philippote et Barbelle. Guillaume de la Bricque mourut sans postérité. Stenvoorde échut alors à sa soeur Jeanne, épouse de Ferry d'Averé (ou Haverreht). Le fils et successeur de ces derniers, Jean d'Averé mourut sans postérité.

 Son héritière, de ce fait, par droit féodal, Philippote de la Bricque, sa tante, épouse de Pierre de Bailleul, seigneur d'Eecke. Hector de Bailleul, fils aîné de Pierre et Philippote de la Bricque, fut seigneur de Steenvoorde après eux.

 Il eut plusieurs enfants. L'aîné et hoir féodal, Jacques de Bailleul, du consentement de ses frères et soeur, vendit en 1593 la seigneurie de Steenvoorde à Eustache de la Viefville.

  Entrée dans une nouvelle famille, elle devait y rester jusqu'en 1789. Eustache Pantaléon de la Viefville, fils aîné d'Eustache qui précède, lui succéda : c'est lui qui fit restaurer à grands frais le château seigneurial du bourg. Nous signalons enconre deux membres de cette famille : François Joseph Germain de la Viefville, en faveur duquel la seigneurie fut érigée en marquisat après annexion d'Oudenhove et d'Ochtezeele par lettres-patentes de février 1711 ; Louis-Auguste de la Viefville, dernier maître de Steenvoorde.

Steenvoorde (Vierschaere et Ammanie de)

  La vierschaere avait neuf échevins : trois pour Steenvoorde, à raison d'un échevin par section, Bynckouck ou Rievelthouck, Eckebeekehouck, et Haringhouck ; deux pour Godewaersvelde ; deux pour Boeschèpe ; un pour l'extension Eecke-Hillewaels-Cappel ; enfin, un pour Winnezeele. L'ammanie qui s'étendait à tout le territoire de cette vierschaere appartenait aux seigneurs de Steenvoorde, également titulaires de la seigneurie de calmage et afforage sous la même vierschaere

 

 

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